De Paris à la Kumbha Mela
Par Nitaï Gaurasundara Das
Mercredi 30 septembre 2026
Bonjour à toutes et à tous, en ce mercredi 30 septembre 2026.
Alors, l’événement en France pendant ce week-end, c’était bien sûr la venue du pape.
Un événement grandiose que toutes les télévisions, chaînes de radio et autres médias ont couvert et qui, par certains côtés, peut nous faire penser à ce qu’ont vécu les Français lors de la Libération en 1945.
On n’y était pas, mais on imagine un peu l’ambiance.
En tous les cas, un événement qui a fait bouger au moins un million et demi de personnes, qui se sont pressées pour vouloir être là où était le pape, le rencontrer, se faire toucher, bénir par lui.
Donc, c’était certainement exceptionnel. Et ça, bien sûr, ça nous remue, ça nous évoque un certain nombre de réflexions.
Et comment ne pas essayer de faire des parallèles avec d’autres événements sur la planète qui, également, font bouger des milliers, voire des millions de personnes ?
Je pense particulièrement à la Kumbha Mela, en Inde, où, pendant un mois, 80 à 100 millions de personnes se déplacent pour aller au confluent de rivières sacrées obtenir, là aussi, des bénédictions.
Ce qui est aussi à remarquer, c’est l’ambiance vertueuse que suscite un tel événement.
On est très loin des événements qui génèrent la passion, la violence ou l’alcool et l’ignorance, et tout ce qui s’ensuit.
Les chants qui sont présents lors de ces événements évoquent vraiment des cœurs qui s’ouvrent au spirituel, qui s’ouvrent à Dieu.
Et si le pape a fait l’éloge de la France, qui brille comme un phare culturel et spirituel, bien évidemment, il s’adresse plus largement à l’humanité, qui a des racines spirituelles, mais qui les a oubliées.
Alors, j’aimerais juste relever quelques-unes de ses paroles et essayer de faire des parallèles. C’est cité hors des contextes et tout. On n’a pas le temps de rentrer dans tous les détails.
Intéressant.
Il a parlé de la France qui contenait, qui avait un patrimoine de sainteté. Et d’ailleurs, les saints, dans l’événement du Stade de France, ont été mis à l’honneur.
Et il a parlé de chemin de sainteté.
Alors, c’est pareil, c’est intéressant aussi parce que, souvent, on a tendance à prendre la religion pour des rites vides de sens. Mais là, il a parlé d’un objectif à tout cela : la sainteté.
Une autre de ses phrases :
Il a bien sûr beaucoup mis en avant la notion de fraternité, de la grande famille humaine, qui est aussi quelque chose qui est évoqué dans les Védas : « Vasudhaiva Kutumbakam », la famille humaine, voilà, qui est une.
Une autre de ses phrases intéressantes :
Alors, bien évidemment, ces phrases et beaucoup d’autres… Il y a beaucoup d’autres choses qu’il a dites qui étaient intéressantes.
Il a beaucoup évoqué la paix et l’amour, le respect de la vie.
Et il a fait appel à l’histoire aussi, pas mal, pour montrer que, évidemment, cette religion chrétienne, avec toutes ses cathédrales, toutes ses églises et ses reliques, n’en est pas arrivée là par hasard.
Il y a eu beaucoup de sacrifices et d’exemples dans l’histoire de la France ou de l’humanité.
Or, il y a un élément qui m’a aussi intéressé : c’est la présence, lors d’une de ces célébrations, de la Sainte Couronne d’épines.
Je suis allé un peu chercher dans l’histoire.
Donc, en août 1239, le jeune roi Louis XI, qui alors n’avait que 25 ans, accompagné d’une foule d’à peu près un million de personnes, depuis la Bourgogne, a marché jusque sur Paris, pieds nus, laissant ses habits royaux, ne se revêtant que d’une simple tunique de pénitent.
Il a porté la Sainte Couronne jusqu’à Notre-Dame, dont la construction venait à peine de s’achever. Et bien sûr, cette couronne, plus tard, a été installée dans un reliquaire à la Sainte-Chapelle.
Alors, cette attitude du jeune roi Louis XI m’évoque un épisode du Ramayana où, sans rentrer dans toute l’histoire, on sait que Ram, le roi Ram, le futur roi Ram, s’est vu envoyé en exil par la reine, une des reines, Kékaiyi, qui était la mère d’un de ses frères, Bharata, puisqu’ils avaient le même père.
Et il est parti alors qu’il devait se faire couronner. Il est revenu au bout de treize ans et a, par la suite, été couronné roi.
Mais donc, en son absence et par l’intrigue de Kékaiyi, c’était à Bharata que revenait de régner, parce que leur père est mort de détresse au départ de Ram en exil.
Et Bharata, qui était plus jeune que Ram et qui avait énormément de dévotion, d’attention, de respect pour son frère aîné, a finalement accepté parce qu’il fallait bien un roi, mais n’a jamais vraiment eu le cœur à l’ouvrage.
Et il a déposé les sandales de Ram sur le trône royal, en allant lui-même vêtu de vêtements très sobres, d’écorces d’arbres.
Et il vivait aussi comme un ascète pendant toutes ces années d’exil de Ram. Et quand Ram est revenu, bien évidemment, il l’a invité à s’asseoir sur le trône.
Le passage du pape en France a amené non seulement toute la chrétienté française, mais aussi les responsables de culte, qui ont été réunis à Metz avec le pape.
Ces responsables de culte ont invité à un réveil des consciences.
Ils ont affirmé leur unité, leur responsabilité de servir ensemble la paix dans le monde et le respect de la dignité de toute personne humaine.
Ils ont affirmé, par une charte commune, leur volonté de poursuivre entre eux un dialogue exigeant.
Ils ont exprimé leur plan concret de formation des jeunes générations à une connaissance mutuelle de leurs traditions.
Et ils ont invité tous à se tenir ensemble, même dans l’adversité, pour œuvrer à la promotion de la justice et de la paix.
C’est quelque chose de très positif à une époque où il y a tellement de propagande pour la haine, pour la différence, à montrer plus les différences que ce qui nous rassemble.
Et aussi, une des choses qui m’a beaucoup frappé, c’est de voir comment beaucoup de gens, que ce soient des politiques ou des célébrités, ont profité de cet événement pour affirmer leur foi.
Alors qu’ils se caractérisent par des tas de choses différentes.
J’ai entendu, par exemple, un certain Laurent Voulzy qui dit :
Et il se réfère à une chanson qu’il a composée lui-même, qui s’appelle « Le ciel m’attire et la terre me tiraille ».
Donc, je voudrais un peu terminer sur cette citation parce qu’effectivement, nous voyons, lors d’événements de cette ampleur, combien la masse des gens aspire à s’élever, à aller plus loin que leur quotidien, mais est retenue par cette vie matérielle qui les occupe et qui semble les envahir à tel point qu’ils en oublient qu’ils sont des êtres spirituels.
« Le ciel m’attire et la terre me tiraille. »
Je vous souhaite une très bonne semaine et à mercredi prochain.
À bientôt.