par Yogîndra
ĪÅopaniá¹£ad · Jeudi 10 septembre 2026
Dans ce premier voyage au cœur de l’ĪÅopaniá¹£ad, Yogîndra nous invite à entrer dans l’un des mantras les plus profonds du VedÄnta : une méditation sur l’infini, Brahman, le monde manifesté et le Soi.
À travers l’étude du sanskrit, chaque mot devient une porte vers une compréhension plus intérieure du texte et de son message.
Bonjour chers auditeurs de Radio Gandharva Gana.
C’est Yogîndra dans une nouvelle émission intitulée « Dans le souffle des textes ».
Cette émission prend la suite de mes deux émissions antérieures : Samskrita, proposée depuis 2020, et Les Mots du Sanskrit, depuis 2022.
L’objet de cette nouvelle émission est de mêler une initiation au sanskrit et l’étude d’un texte, d’un mantra ou d’un mot, car dans la langue sanskrite le texte et le message du texte sont indissociables.
Le message philosophique et religieux du VedÄnta est porté par cette langue, aussi magnifique dans sa construction que dans son expression et son message.
Après trois ans sur la Bhagavad GÄ«tÄ, puis trois ans sur la Kaá¹ha Upaniá¹£ad, Yogîndra propose une pause dans cette dernière pour découvrir une autre très ancienne Upaniá¹£ad : l’ĪÅopaniá¹£ad.
Très courte, puisqu’elle ne comporte que dix-huit mantras, elle délivre pourtant un message philosophique et religieux essentiel et contient une grande partie du message du VedÄnta.
Mais comme toutes les Upaniá¹£ad, l’ĪÅopaniá¹£ad commence par un mantra d’introduction. C’est ce mantra que nous allons étudier.
oá¹ pÅ«rá¹amadaḥ pÅ«rá¹amidaá¹ pÅ«rá¹ÄtpÅ«rá¹amudacyate
pÅ«rá¹asya pÅ«rá¹amÄdÄya pÅ«rá¹amevÄvaÅiá¹£yate
oá¹ ÅÄntiḥ ÅÄntiḥ ÅÄntiḥ
Le mantra, comme tous les mantras, commence par Oá¹.
Plusieurs versets des Upaniá¹£ad donnent une sorte de définition de cette syllabe sacrée.
Yama fait cette déclaration à Naciketas, qui cherche ce qu’il y a après la mort du corps.
Le but est Brahman, mais Yama affirme ainsi que Oá¹ et Brahman sont une seule et même réalité.
L’expression pÅ«rá¹amadaḥ doit être décomposée en deux mots liés par un sandhi : pÅ«rá¹am et adaḥ.
L’adjectif pÅ«rá¹a vient du verbe pá¹, « remplir ». Il désigne ce qui est plein, rempli, accompli.
Dans tout ce mantra, Yogîndra choisit de traduire pÅ«rá¹a par « infini ». Le terme apparaît sept fois.
adaḥ signifie « cela ». Ici, ce pronom désigne Brahman.
« Cela » désigne ici le saguá¹a brahman, Brahman avec qualités, la plus haute expression de l’infini que nous puissions tenter de concevoir.
C’est ĪÅa, ĪÅvara, Bhagavan, Dieu : autant de noms de cet infini.
Avec pÅ«rá¹amidam, le pronom démonstratif n’est plus adas, « cela », mais idam, « ceci ».
adas désigne ce qui est éloigné ; idam désigne ce qui est proche.
« Ceci » représente le monde manifesté, l’univers des formes dans lequel Brahman s’exprime.
Il désigne également le jÄ«vÄtman, le Soi incarné dans un corps.
Ce monde manifesté peut aussi être appelé Brahman conditionné, avec l’apparence des caractéristiques des nÄma et rÅ«pa, le nom et la forme.
pÅ«rá¹Ät est l’ablatif de pÅ«rá¹a. L’ablatif indique l’origine ou la provenance : « de l’infini », « à partir de l’infini ».
udacyate vient d’une racine qui exprime un mouvement d’élévation : s’élever, procéder.
Le monde manifesté, Brahman conditionné, procède de Brahman non-conditionné.
ÄdÄya vient du verbe Ä-dÄ.
Il peut signifier « ayant pris », « ayant enlevé », mais aussi « ayant admis » ou « ayant réalisé ».
Yogîndra propose ici la compréhension suivante : « ayant réalisé la nature infinie de l’infini ».
Cela signifie réaliser la nature infinie du jÄ«vÄtman, de notre Soi intérieur.
Le sanskrit ne peut pas toujours être étudié de manière univoque. Les mots sont polysémiques et peuvent révéler des significations nouvelles à chaque étape du chemin spirituel.
La particule eva signifie « seulement ».
Le verbe avaÅiá¹£yate signifie « demeurer », « subsister », « être de reste ».
Lorsque le monde manifesté, qui est infini, procède de Brahman, qui est l’Infini, cela ne diminue en rien la totalité infinie qu’est Brahman.
Oá¹
Cela, Brahman, est infini ;
ceci, le monde manifesté, est infini.
Le monde infini procède de Brahman infini.
L’infini du monde infini étant réalisé,
Brahman infini demeure.
Oá¹, paix, paix, paix !
Brahman est l’infini et le jÄ«vÄtman est lui aussi infini.
Le jÄ«vÄtman est venu de l’infini non-conditionné, de ĪÅa, de ĪÅvara, de Dieu.
Lorsque nous réalisons l’infinitude de ce jÄ«vÄtman, l’infini de la pure conscience demeure.
Je ne suis pas le corps,
je ne suis pas le mental…
Åivo ’ham, Åivo ’ham…
Je suis le Soi.
Par l’investigation intérieure, nous découvrons que seul l’infini est.
Il n’existe finalement aucune différence entre « Cela » et « ceci ».
ÅÄnti signifie « paix ».
La paix est invoquée trois fois afin d’éloigner trois catégories d’obstacles susceptibles de se présenter sur le chemin spirituel.
Ce mantra d’ouverture de l’ĪÅopaniá¹£ad nous conduit immédiatement au cœur de son enseignement : Brahman est infini, le monde manifesté est infini et le Soi lui-même est infini.
Lorsque la nature véritable du Soi est réalisée, seule demeure l’infinité de la pure conscience.
L’étude du sanskrit devient ainsi bien plus qu’une étude linguistique : elle ouvre un chemin entre le mot, la connaissance et l’expérience intérieure.
ÅÄstraprÄá¹e — Dans le souffle des textes
Le souffle de l’infini · par Yogîndra
Radio Gandharva Gana